Découvrez l'histoire de Dinan

La première mention de Dinan dans un texte remonte à l’année 1040. Josselin, premier seigneur et fondateur de la ville y apparaît comme témoin d’une donation à l’abbaye Saint-Georges de Rennes. Josselin n’est pas un inconnu. Il s’agit d’un des fils du vicomte d’Alet, l’antique Saint-Malo. A cette époque, il était fréquent dans les familles de haut lignage de pourvoir les fils cadets en leur donnant des terres et des droits seigneuriaux, à charge pour eux de les mettre en valeur.

Pour cela, les fils et petit-fils de Josselin, Olivier et Geoffroy, n’hésiteront pas à faire appel aux moines bénédictins de Saint-Florent de Saumur puis de Marmoutier. C’est ainsi qu’une première église Saint-Malo et le prieuré de la Madeleine-du-Pont apparaissent dès la seconde moitié du XIème siècle. Idéalement située sur les bords de Rance, la cité naissante prospère rapidement, bénéficiant d’un double avantage stratégique : point de rupture entre la Rance maritime et la Rance fluviale, le port de Dinan entre très tôt en relations commerciales avec l’Angleterre et les Flandres tandis que le « vieux-pont » est le seul passage terrestre jusqu’à l’estuaire, source de péage et donc de profits.

Aux XIIème et XIIIème siècles, les seigneurs de Dinan se trouveront à la tête d’une cité riche et dynamique. La mention d’une seconde église paroissiale, Saint-Sauveur, dès 1123, atteste de cette forte croissance démographique. Sans surprise, un tel succès attire rapidement la convoitise, à commencer par celle du duc de Bretagne, Jean Ier, qui n’hésite pas à acquérir Dinan en 1264 au mépris des droits d’Henri III d’Avaugour, l’héritier de la seigneurie. Vingt années de procès et d’intimidations auront pour conséquence de faire rentrer définitivement Dinan dans le domaine ducal à la fin du XIIIème siècle.

Sous l’autorité des ducs, l’essor de la ville se poursuit. Le gigantesque « Champ aux chevaux », les actuelles places du Champ et du Guesclin, est aménagé en 1319 et donne une idée de l’ampleur des marchés dinannais, dont la tradition se poursuit encore de nos jours avec le grand marché du jeudi. Mais c’est surtout avec la construction de l’enceinte urbaine, que les ducs de Bretagne vont imposer leur marque sur Dinan. D’une circonférence de plus de 3 kilomètres, comprenant quatre portes et de nombreuses tours, les remparts de Dinan sont alors les plus importants de Bretagne, après ceux de Nantes et de Rennes. Renforcée à la fin du XIVème siècle par l’érection du donjon ducal puis à la fin du XVème siècle par d’imposantes tours d’artillerie, la place-forte de Dinan est un dispositif majeur de la défense du nord-est de la Bretagne.

La prospérité dinannaise de la fin du Moyen Âge fait également de la cité un centre religieux d’importance. Dès les XIIIème siècle, Dominicains et Franciscains établissent des couvents dans la ville. Ils sont bientôt rejoints par les Trinitaires et les Clarisses tandis que la seconde moitié du XVème siècle voient le début d’importants travaux de reconstruction des églises paroissiales : la première église Saint-Malo est abandonnée pour être reconstruite dans l’intra-muros tandis que Saint-Sauveur fait l’objet d’un vaste chantier de reconstruction. Si les guerres de Religion, dans la seconde moitié du XVIème siècle, marquent le ralentissement de ces travaux, et les dernières modernisations du rempart, la Contre-réforme catholique du XVIIème siècle voit l’installation de quatre nouveaux établissements conventuels : les Ursulines, les Capucins, les Dominicaines et les Bénédictines. Lorsqu’éclate la Révolution, un tiers du foncier de l’intra-muros appartient au clergé.

Jusqu’à la fin du XVIIème siècle, la prospérité dinannaise se construit autour de la production et du commerce de la toile, vers l’Europe du nord puis, à partir des guerres de Louis XIV, vers l’Espagne et les colonies d’Amérique. Dès le XVème siècle, le succès économique de la bourgeoisie dinannaise se concrétise dans la Tour de l’Horloge, véritable symbole du pouvoir municipal qui rivalise dans l’espace avec le donjon du duc et les clochers du clergé. Les nombreuses maisons en pan de bois du centre historique témoignent de cette prospérité. Edifiées pour la plupart entre le XVIème et le XVIIIème siècle, qu’elles soient à porches ou à vitrines, ces demeures restent l’apanage des nobles et des bourgeois fortunés jusqu’à ce que le XVIIIème siècle, et ses nombreux hôtels particuliers de pierre ne viennent réduire leur attrait.

Si Dinan traverse la Révolution sans trop de heurts, la ville connaît néanmoins d’importantes transformations. Dans les anciens couvents confisqués, les premières manufactures de toiles apparaissent. Jusqu’en 1860, elles constitueront, avec le port, la principale activité économique d’une cité qui commence à se sentir à l’étroit dans ses remparts devenus inutiles.

Dès 1781, l’aménagement du Grand-chemin, l’actuelle rue du Général De Gaulle, déplace une partie de la circulation vers le sud de la ville et entraine les premiers démantèlements de la muraille. En 1852, l’inauguration du Viaduc marginalise définitivement l’antique rue du Jerzual tandis que l’arrivée du chemin de fer, en 1879, intègre Dinan dans les communications modernes. En cette fin de XIXème siècle, Dinan se transforme en une ville de services. Les manufactures de toiles et l’activité commerciale sont remplacées par les premiers touristes, notamment les Anglais dont certains seront à l’origine de la « colonie britannique » et par les militaires, hussards et dragons dont les régiments prennent leurs quartiers dans les casernes Beaumanoir et Duguesclin. Dans ces mêmes années, la destruction de la porte de Brest, en 1881, entraîne une prise de conscience de la valeur patrimoniale des remparts de Dinan, et leur classement au titre des Monuments Historiques, en 1886.


Au XXème siècle, Dinan acquiert sa physionomie actuelle. La ville continue à croître et les années 1930 se caractérisent par la construction de bâtiments publics à l’architecture néo-bretonne fortement influencée par l’Ar Seiz Breur comme la Gare, la Poste, la Caisse d’Epargne, le dispensaire, etc… Parallèlement, le caractère touristique de la ville s’affirme. Avec la forte croissance démographique de l’après-guerre, de nouveaux quartiers sortent de terre au nord-est de la ville, urbanisant progressivement les fermes et les champs mais tout en respectant une dimension humaine et paysagère, avant-gardiste pour les années 1960.

Aujourd’hui, Dinan s’impose comme une cité incontournable de la Bretagne culturelle et touristique. Ville d’art et d’histoire dès 1985 et dotée d’un des plus vastes Secteur Sauvegardé de France, la cité qui inspire de si nombreux artistes et créateurs, a su marier de façon harmonieuse les richesses de son passé avec le dynamise de son présent.